L’aronia est-elle dangereuse ? Non. La baie d’aronia n’est pas toxique. C’est un fruit, consommé depuis toujours en Amérique du Nord et en Europe de l’Est, et aucune toxicité n’a été documentée aux quantités alimentaires.

Cela ne veut pas dire qu’elle convienne à tout le monde, en toute quantité, à côté de n’importe quoi. Trois réserves méritent d’être connues.

Dangers, effets secondaires et contre-indications

Elle est très astringente. Ce goût qui assèche la bouche vient des tanins, et l’aronia est l’un des fruits les plus riches qui soient en proanthocyanidines. Les estomacs sensibles la supportent mal, et elle reste déconseillée en cas de gastrite ou d’ulcère. Les tanins freinent aussi l’absorption du fer d’origine végétale : si vous manquez de fer, consommez-la à distance des repas plutôt qu’avec eux.

Elle agit là où des traitements agissent déjà. Ce qui la rend intéressante, son effet sur la pression artérielle, sur la glycémie, sur la fluidité du sang, est exactement ce qui impose la prudence quand un médicament poursuit le même but. Si vous prenez un antihypertenseur, un antidiabétique ou un anticoagulant, l’avis de votre médecin n’est pas une formalité de politesse. C’est la condition pour en consommer tranquillement.

La forme compte autant que le fruit. Beaucoup de jus du commerce sont adoucis ou coupés à d’autres jus : ce que vous buvez alors est du sucre parfumé aux polyphénols. Et consommés en quantité, les fruits comme le jus accélèrent nettement le transit chez les personnes sensibles.

Reste la question que le mot « danger » ne pose jamais. L’aronia est un aliment. Toute seule, cette baie ne guérit pas. Elle ne compense pas une alimentation qui encrasse, elle ne remplace pas une digestion qui fonctionne, elle ne rattrape pas un terrain qu’on laisse se dégrader par ailleurs. L’aronia est un bon fruit, riche et intéressant. Ce n’est pas un remède. Sa consommation contribue à l’état du terrain de l’organisme.

Qu’est-ce que l’aronia ?

Originaire d’Amérique du Nord, l’aronia (aronia melanocarpa) est un arbuste buissonnant de la famille des Rosacées. Ses petites baies noires, au goût amer et astringent, sont comestibles et disposent de grandes qualités nutritives. Longtemps restées dans l’ombre, elles ont attiré la curiosité des scientifiques ces dernières années. Les études confirment leurs vertus nutritionnelles exceptionnelles. Particulièrement riche en antioxydants, l’aronia est un véritable cocktail de vitamines et minéraux, offrant des bienfaits multiples pour la santé : cardioprotecteur, hypoglycémiant, immunostimulant, anti-inflammatoire… Les amérindiens la nomment : « La plante qui guérit ». Découvrons ensemble ses principes actifs et leurs effets sur notre santé.

Quels sont les principes actifs de l’aronia ?

Considérée par beaucoup comme un « super fruit », la baie d’aronia est un véritable concentré de vitalité. Elle tire ses propriétés de sa composition, particulièrement riche en principes actifs :

  • Forte teneur en polyphénols, notamment en proanthocyanidines, en flavonoïdes, et en anthocyanes qui expliquent la pigmentation foncée du fruit
  • Présence de nombreuses vitamines : C, A, B1, B2, B3, B9 (acide folique), K et E
  • Richesse en minéraux (potassium, phosphore, calcium, magnésium…) et en fibres alimentaires

Les baies d’aronia sont également peu caloriques, et présentent une faible teneur en sucre. Indéniable concentré de principes actifs, les vertus nutritionnelles qui en découlent sont multiples.

Un grand pouvoir antioxydant

La baie d’aronia est considérée comme l’un des fruits les plus riches en antioxydants. Les antioxydants servent à lutter contre la formation des radicaux libres dans notre corps. Mais que sont les radicaux libres ? Ce sont des éléments nocifs. Ils sont naturellement produits dans les cellules à partir d’oxygène. Mais le plus gros problème provient de la production de radicaux libres qui résulte de l’exposition de l’organisme à un stress oxydatif important (pollution, cigarette, infection, inflammation, stress…). En s’accumulant, ces radicaux libres endommagent nos cellules et peuvent provoquer l’apparition précoce de certaines maladies.

Le taux ORAC des baies d’aronia est de 16 062 unités1 pour 100g de fruits frais, ce qui est bien supérieur à la plupart des autres baies (les airelles, le cassis et les myrtilles, par exemple, présentent un taux inférieur à 10 000 unités pour 100g de fruits frais).

L’aronia a donc un potentiel antioxydant important du fait de la présence de certains nutriments dans des proportions relativement élevées. La forte présence de proanthocyanidines (environ 664mg/100g de fruits frais2) et d’anthocyanes (environ 1480mg/100g de fruits frais2) neutralise les radicaux libres, empêchant ainsi le vieillissement cellulaire. Cette action antioxydante participe également à la prévention de certaines maladies, comme le cancer. Elle peut aussi intervenir en soutien dans le cadre de traitements médicaux, comme la chimiothérapie, pour en limiter les effets secondaires et en améliorer l’efficacité.

Enfin, la présence de flavonoïdes participe également à une meilleure vision, notamment nocturne, et aide à la prévention de maladies de l’œil, comme le glaucome, la cataracte ou la DMLA (dégénérescence maculaire de la rétine).

L’indice ORAC, et pourquoi il faut s’en méfier

L’indice ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity) mesure la capacité d’une substance à neutraliser des radicaux libres. Mais c’est une mesure qui a lieu dans un tube à essai, pas dans un organisme. Plus le chiffre est élevé, plus l’aliment neutralise de radicaux libres dans l’éprouvette. Les effets dans l’organisme, eux, ne se déduisent pas de ce chiffre.

C’est si vrai que l’USDA, l’organisme américain qui avait publié la table de référence, l’a retirée de sa base en 2012. Le motif tient en deux points : ces valeurs ne prédisent rien des effets réels sur la santé, et elles étaient devenues un argument de vente pour les compléments alimentaires. La source à laquelle chacun se réfère encore aujourd’hui s’est elle-même rétractée.

Vous lirez aussi qu’il faudrait consommer 3 000 à 5 000 unités ORAC par jour. Ce chiffre ne repose sur rien. Aucune autorité de santé n’a jamais fixé d’apport recommandé en unités ORAC, pour la bonne raison qu’on ne saurait pas quoi recommander.

D’où vient cet écart entre l’éprouvette et le corps ? Les polyphénols sont mal absorbés. La plus grande partie ne passe pas dans le sang telle quelle : elle est transformée par le foie et surtout par la flore intestinale, qui en tire des composés différents de ceux que l’on avait mesurés. Autrement dit, ce que votre intestin fait de l’aronia compte davantage que ce que l’aronia contient. Et le bénéfice observé ne vient probablement pas d’un rôle d’éponge à radicaux libres, mais du fait que ces molécules, légèrement contraignantes pour la cellule, réveillent les défenses antioxydantes que le corps fabrique lui-même.

Ce qui déplace la question. Le sujet n’est pas de savoir combien d’unités antioxydantes vous avalez, mais combien de radicaux libres vous produisez. Un excès alimentaire, une digestion difficile, un manque de sommeil, une inflammation qui s’installe en produisent bien davantage qu’une poignée de baies n’en neutralisera jamais. L’aronia est un bon aliment. Elle ne rattrape pas ce qui l’abîme par ailleurs.

C’est d’ailleurs ce que montre le régime crétois traditionnel : sa richesse ne tient à aucun super-aliment, mais à la variété des herbes aromatiques et des plantes sauvages consommées chaque jour.

Un solide allié dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires

Les antioxydants sont des substances très importantes pour la protection du système cardiovasculaire. Elles constituent une forme de bouclier protecteur contre les agressions qu’il subit au quotidien, en réduisant les dégradations et en l’aidant à cicatriser plus efficacement.

Riches en polyphénols, les baies d’aronia constituent un complément idéal en phytothérapie pour les personnes à risques cardiovasculaires élevés.

La consommation d’aronia réduit significativement les taux de cholestérol et de triglycérides.

Par ailleurs, la présence d’anthocyanes favorise l’élasticité des vaisseaux et permet une régulation de la pression sanguine.

Enfin, l’aronia possède des propriétés anti-inflammatoires et anti-agrégantes, limitant la formation de caillots dans le sang.

Ces différents bénéfices améliorent la circulation sanguine et constituent un véritable atout bien-être et santé dans le domaine cardiovasculaire.

La baie d’aronia favorise une meilleure régulation de la glycémie

Présentant une faible teneur en sucre, la baie d’aronia aurait également une action de régulation de la glycémie. Des études ont démontré que la prise de 200 ml de jus d’aronia par jour pendant 3 mois se traduit par une baisse significative de la glycémie dans le cas d’un diabète de type 2.

Ses nombreux composants anti-oxydants aident également à la prévention des lésions des micro-vaisseaux sanguins causé par un taux de glycémie élevé. Cela réduit ainsi les risques de complications du diabète.

L’aronia constituerait donc un complément intéressant pour le traitement du diabète.

L’aronia est un véritable cocktail de vitamines

La baie d’aronia est gorgée de vitamine C (plus qu’une orange), et est riche en vitamines A, B1, B2, B3, B9 (acide folique), K et E. C’est par conséquent un excellent stimulant du système immunitaire. Remède efficace contre le rhume, l’aronia constitue un bon soutien pour booster ses défenses immunitaires pendant la période hivernale.

Un soutien pour une perte de poids

L’aronia est un fruit peu calorique, avec seulement 47 kcal/100g. Etant plus riche en fibres qu’en lipides, elle a la capacité d’empêcher le stockage de la graisse, notamment au niveau abdominal. Elle constitue donc un allié minceur intéressant.

Un bon soutien pour la digestion 

Riches en minéraux et fibres, les baies d’aronia constituent également un bon soutien pour le transit. Elles augmentent aussi l’activité des enzymes impliqués dans la digestion et ont un effet positif sur le métabolisme hépatique. Elles améliorent le travail du foie, du pancréas, et des intestins.

Par ailleurs, étant donné qu’elles réduisent la fragilité des vaisseaux sanguins, elles peuvent également être intéressantes pour la prévention et le traitement des hémorroïdes.

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Comment consommer l’aronia ?

Les baies d’aronia peuvent se consommer fraîches ou séchées, sans perdre leurs bienfaits.  On peut également les trouver en jus ou en gelée. Peu importe la forme choisie, l’idéal est de sélectionner des produits issus de l’agriculture biologique.

Pour une cure santé, vous pouvez consommer 10 à 15 g de baies par jour pendant 2 mois.

Elles sont cependant déconseillées en cas de gastrite, d’ulcère de l’estomac ou du duodénum. Elles peuvent également présenter un risque d’interactions médicamenteuses avec certains traitements. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Pour allier plaisir et bien-être, n’hésitez pas à intégrer l’aronia dans votre cuisine de tous les jours et à varier les recettes : salades de fruits, muesli, avec un yaourt (animal ou végétal), gâteaux (pour le plaisir !), smoothies…

Sachez également que l’aronia est un arbuste d’ornement qui se cultive facilement. On le plante à l’automne ou au printemps, et on récolte les baies en été. Il ne vous reste plus qu’à trouver une petite place dans votre jardin !

 

1 Source : https://www.superfoodly.com/orac-values/
Unité : μ mol TE/100g c’est-à-dire la micromole de Trolox pour 100 gr d’aliment. 

2 Source : https://www.ars.usda.gov/research/publications/publication/?seqNo115=171258 

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